L'histoire de la Ferme Saint Aignan

"La production menée doit également s’adapter et sera dorénavant
consacrée au maraîchage et à une agriculture de proximité“

Ferme de la Vatine, Pelouse aux ânes, Ferme Royale d’Estouteville, Ferme Saint Aignan, Ferme du Bel Event, Ferme des Bouillons… selon les époques, la ferme s’est parée de différents noms.

Une chose est sûre, la vocation agricole de cet espace remonte à un passé bien lointain. Les fouilles archéologiques réalisées il y a peu ont en effet mis en lumière la présence d’une activité agricole remontant à l’Age de la Tène finale.

Léon de Duranville nous apprend : « En l’an 1250, Saint Louis fait don à Lorens d’une ferme d’Etouteville, connue maintenant sous le nom de La Vatine, et qui se trouve dans le territoire de la commune du Mont-aux-malades. En 1289, celui qui avait reçu de la munificence royale, la donna, du consentement et suivant la volonté de Maheut, aux prieurs et moines du Mont-aux-Malades. »

De même, les archives départementales indiquent :« Philippe Le Bel imita la générosité de ses ancêtres. Nous avons une charte de ce prince, datée du château de Lyons, en décembre 1296, qui donne aux frères de la maison des Lépreux de Rouen la cure de Saint-Aignan, avec tous ses revenus et appartenances. (…) Le chapitre s’obligea de dire chaque année une messe du Saint Esprit pour le Roi et la Reine, pendant leur vie et après leur mort, et de célébrer solennellement leur anniversaire dans l’église du monastère. C’est une opinion constante chez les habitants de Saint Aignan que la reine Blanche, aïeule de Philippe-le-Bel, aurait autrefois visité leur village et qu’un orage l’aurait forcée à se réfugier dans le hameau des Bouillons. Pour prix de cette hospitalité, la mère de Saint Louis aurait concédé les communes pâtures, vaste lande que la commune du Mont Saint Aignan possède encore aujourd’hui. (…) Les dons de la cure de Saint-Aignan et du fief d’Etouteville par Saint-Louis et Philippe Le Bel, ajoutent peut-être à sa vraisemblance, car ils semblent indiquer que, primitivement, tout ce territoire appartenait en propre à la maison royale. » (Histoire du prieuré du Mont-Aux-Malades-Lès-Rouen, Abbé P. LANGLOIS)

L’histoire agricole du site se prolonge ainsi jusqu’au XXème, où une ferme de Polyculture-élevage prend place sur les lieux. L’activité agricole s’éteint doucement dans les années 90… avant de renaître en 2016 et l’installation d’un nouvel agriculteur sur les lieux.

Le temps passe, et l’agriculture doit s’adapter à de nouvelles contraintes. La ferme est maintenant aux portes des villes de Mont-Saint-Aignan et de Bois-Guillaume, précédant de peu la forêt Verte. La production menée doit également s’adapter et sera dorénavant consacrée au maraîchage et à une agriculture de proximité.